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du grec : "l'homme"

MOA - MOE   

 

Beaucoup estiment que les deux rôles sont tellement importants qu'impérativement sous peine d'échec ils doivent être tenus par des partenaires distincts, forts, compétents et travaillant en bonne intelligence. D'autres, à partir de leurs observations sur les us et coutumes outre atlantique, estiment que le travail en équipe est plus performant que le duo.

En fait, tout dogmatisme doit être banni de la gestion de projet : opposer des us et coutumes français et étrangers ne parait pas pertinent dans la mesure ou elle exclut toute solution médiane adaptée au cas par cas.

Un peu de sémantique.

Poser le problème est déjà lui apporter des éléments de réponse. En l'occurrence, il ne faut pas confondre responsabilités et méthode.

La notion de maîtrise d'oeuvre et d'ouvrage est définie par la  "Loi n° 85-704 du 12 juillet 1985  (http://www.anere.com/Gestion_de_projet/loi n° 85-704 du 12 juillet 1985.pdf) relative à la maîtrise d'ouvrage publique et à ses rapports avec la maîtrise d'oeuvre privée ". plus particulièrement l'article 2 stipule :

  1. "Le maître de l'ouvrage est la personne morale, ..., pour laquelle l'ouvrage est construit. Responsable principal de l'ouvrage, il remplit dans ce rôle une fonction d'intérêt général dont il ne peut se démettre.
  2. Il lui appartient, après s'être assuré de la faisabilité et de l'opportunité de l'opération envisagée, d'en déterminer la localisation, d'en définir le programme, d'en arrêter l'enveloppe financière prévisionnelle, d'en assurer le financement, de choisir le processus selon lequel l'ouvrage sera réalisé et de conclure, avec les maîtres d'oeuvre et entrepreneurs qu'il choisit, les contrats ayant pour objet les études et l'exécution des travaux.
 

Par extension, dans le "privé" le donneur d'ordre est assimilé à la maîtrise d'ouvrage, le réalisateur (installateur, fournisseur, prestataire..) est assimilé à un maître d'oeuvre.

Parler de maîtrise d'ouvrage et de maîtrise d'oeuvre ne préjuge donc pas de l'organisation et de la méthode retenue, mais définit des responsabilités. Il faut noter au passage que de nombreux échecs sont dus à l'oubli par le maître d'ouvrage de ses devoirs et responsabilités.

Il existe fondamentalement 2 types de management de projet

Les projets en cascades

Dans ces projets développés dans un cadre connu (banque, finance, BTP...), une approche merisienne a longtemps prévalue avec quelques bonnes raisons et succès. Les phases d'analyse (du besoin), puis de conception de la réponse à ce besoin sont assurés par le maître d'ouvrage qui se fait généralement assister par un prestataire externe (AMO). Le produit issu de ces phases est le cahier des charges sur lequel est construit le contrat de réalisation.
Les responsabilités ainsi partagées, rien n'empêche (et c'est même fortement recommandé - la participation peut aller jusqu'à 30% de la charge du projet) de faire participer les futurs utilisateurs au projet.
Cette approche nécessite des projets de taille raisonnable, dont la solution et les méthodes de réalisation sont répandues. Elle est quasi incontournable dans certains métiers dont ceux du bâtiment où la conception (plans maquettes) ne peuvent pas interférer avec la réalisation (béton ...).

Les projets à développement itératif

l'approche en cascade peut générer des délais souvent incompatibles avec les impératifs commerciaux et l'évolution du marché. En outre, elle est complètement inadaptée dans les domaines inexplorés ( nouvelle économie). Historiquement, ce sont les raisons qui ont présidé à l'avènement d'approches itératives mieux adaptées aux impératifs de la e-économie :

disposer à bas coût d'un prototype suffisamment développé pour être opérationnel et tester un concept nouveau,
disposer rapidement d'un retour d'expérience permettant de redresser la barre rapidement et avant la catastrophe,
être à la mode.
Dans cette approche, l'organisation, comme le phasage, est "tuilée" ; les équipes sont mixtes (utilisateurs / informaticiens). Deux remarques s'imposent :
  1. L'élaboration d'un cahier des charges précis n'est plus possible, le contrat liant les partenaires est un contrat de moyens et non de résultat. la MOA est dans ce cas réticente pour courir un risque auquel elle n'est pas habituée.
  2. La répartition des responsabilités est inchangée.

L' apprentissage "en marchant",  présente quelques désagréments comme la génération de code souvent rafistolé qui nécessite soit une réécriture "propre" des logiciels soit une dépense en maintenance prohibitive. Une fois sorti de la phase de R&D, des méthodes plus traditionnelles sont généralement préférées.


En conclusion, Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise méthodes. Chaque projet a ses spécificités qui conduisent à définir la méthode la moins mauvaise qui est le plus souvent un dosage subtil de plusieurs méthodes. Cette activité est complexe, elle vise à définir :
des stratégies,
un découpage en sous projets, en phases, en itérations plus ou moins serrées,
des organisations, des modes de pilotage, des contrôles et une assurance qualité adaptés.

La conduite de projets ne s'invente pas, c'est un métier.


NOTA :

MOA : Maîtrise d'ouvrage

MOE : Maîtrise d'Oeuvre

 

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